Un sujet tabou !

Une gestion de la santé et de l’hygiène menstruelles inappropriée peut avoir de lourdes répercutions sociales, physiques et psychologiques sur les filles et les femmes à court, moyen et long terme :

Répercutions sociales et impacts sur les activités de la vie quotidienne :

En raison du peu de connaissance la population, surtout des hommes sur la menstruation en général, naissent des préjugés et des interprétations erronées sur le processus des règles.

Sur la base de fausses croyances et/ou de manque de connaissances, les filles et les femmes sont exposées à des restrictions pendant leur menstruation, notamment l’interdiction d’assister à des cérémonies religieuses, d’entrer dans des espaces religieux, de manipuler la nourriture, dormir sous leur propre toit. La menstruation est également associée à la sexualité et au tabou ; les filles sont, de fait, marginalisées par la société lorsqu’elles ont leurs règles.

Il en résulte que les filles ont généralement honte d’avoir leurs règles. La société fait pression pour que la fille se cache lors de ses règles et ses activités sont réduites.

Pour beaucoup de pères, la ménarche de leur fille signifie qu’elle est désormais en capacité de tomber enceinte ; les grossesses précoces et hors mariage deviennent une véritable « menace » pour leur honneur et celui de leur famille. Les jeunes filles sont alors forcées au mariage augmentant par la même le mariage d’enfants et le risque de grossesses précoces.

 

Répercutions sociales et impact sur la vie scolaire : la menstruation joue un rôle important dans l’absentéisme des jeunes filles à l’école.

Pour de nombreuses filles, les menstruations sont des barrières pour pouvoir continuer l’école :
Barrière hygiénique : se laver ou changer les produits d’hygiène à l’école est problématique – les sanitaires sont inadaptés, parfois inexistants ou insalubres, insuffisamment sécurisés et ne respectent pas l’intimité des jeunes filles. L’indisponibilité des produits d’hygiène tels que les serviettes hygiéniques contribuent également à l’isolement des jeunes filles et à l’absentéisme.
Barrières psychologiques et physiques : risques de violences sexuelles et basées sur le genre, de moqueries, d’humiliations
Barrières sociale et familiale :  pression exercée par la famille pour arrêter l’école après le début des règles et pour se marier après le début des règles.

Chiffres-clés

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des filles vont rarement à l'école pendant leurs menstruations (étude de Louga, Sénégal)

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ne comprennent pas ce qui leur arrive au moment des règles (étude camerounaise)

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des écoles primaires de la région ont accès à des installations de lavage des mains avec de l'eau et du savon disponibles (UNESCO UIS data)

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des femmes et des filles ont déclaré une infection pendant leurs menstruations (étude Niger)

Inégalité et injustice 

Bien que naturel, les menstruations exposent les filles et les femmes à un nombre élevé de risques et mettent en péril nombreux de leurs droits fondamentaux, universellement reconnus :

Les menstruations : un phénomène biologique naturel qui expose les filles et les femmes à un nombre élevé de risques

Les différentes typologies de risques, perturbations et pressions auxquelles les jeunes filles sont confrontées lors de leurs menstruations :

  • Risque de violences sexuelles et basées sur le genre – la menstruation est souvent interprétée comme un état de maturité pour le mariage et l’activité sexuelle qui fait que les filles entrant dans la puberté sont encore plus exposées à la violence sexuelle et basées sur le genre
  • Inconfort dans les files d’attente aux points d’eau
  • Pressions/rejet de la part de la part de certains enseignants
  • Pressions pour se marier après le début des règles
  • Risque de grossesses précoces
  • Pressions/rejet/moquerie/humiliations de la part des autres filles à l’école
  • Pressions/rejet/moquerie/humiliations de la part des garçons à l’école
  • Pressions de la famille pour arrêter l’école après le début des règles
  • Absence d’intimité dans les sanitaires de l’école
  • Absence d’intimité dans le cercle familiale et /ou la communauté
  • Risque de mauvaises pratiques par manque de moyens pour l’utilisation de protections adaptées
  • Isolement de la communauté, de la famille, du cercle amical.

Droits fondamentaux, universellement reconnus mis en péril (sources UNFPA):

  • Du droit à la dignité humaine– Lorsque femmes et filles n’ont pas accès à des installations sanitaires sécurisées ni à des moyens sûrs et efficaces de gérer leur hygiène menstruelle, elles ne peuvent pas vivre leurs règles dans la dignité. Les moqueries, l’exclusion et la honte associées aux règles mettent également en péril ce droit à la dignité.
  • Du droit à un standard correct de santé et de bien-être– Femmes et filles peuvent souffrir de conséquences négatives sur leur santé à cause de l’absence de produits et de structures sanitaires pour gérer leur santé menstruelle. La stigmatisation des règles peut également les empêcher de demander un traitement contre les douleurs et troubles associés aux règles, ce qui affecte leur santé et leur bien-être.
  • Du droit à l’éducation– L’absence d’un lieu sécurisé ou de la possibilité de gérer son hygiène menstruelle ainsi que le manque de médicaments pour traiter les douleurs menstruelles peuvent contribuer à un plus grand absentéisme scolaire et donc à de mauvais résultats scolaires. Plusieurs études ont confirmé que si les filles ne peuvent pas correctement gérer leurs règles à l’école, leurs résultats scolaires en souffrent.
  • Du droit au travail L’accès limité à des moyens sécurisés de gérer son hygiène menstruelle et à des médicaments contre les douleurs et les troubles menstruels limitent également les opportunités professionnelles des femmes et des filles. Elles peuvent renoncer à certains emplois ou bien être contraintes à sacrifier des heures de travail et de salaire. Les besoins liés aux règles, comme les pauses pour aller aux toilettes, sont parfois pénalisés, ce qui entraîne une inégalité dans les conditions de travail. Femmes et filles peuvent également souffrir de discrimination au travail à cause des tabous qui existent autour des règles.
  • Du droit à la non-discrimination et à l’égalité des genres– La stigmatisation et les normes associées aux règles peuvent renforcer les pratiques discriminatoires. Les barrières liées aux règles qui s’appliquent à l’école, au foyer, au travail, dans les services de santé perpétuent également les inégalités de genre.

L’amélioration de la santé et l’hygiène menstruelles et plus globalement de la santé sexuelle et reproductive génère un retour sur investissement 

L’amélioration de la santé sexuelle et reproductive peut entraîner un retour sur investissement important, notamment en renforçant la participation des femmes et des jeunes filles dans l’éducation et l’économie.

Une étude publiée dans le Lancet montre que l’amélioration de la santé physique, mentale et sexuelle des adolescents, à un coût d’environ 4,60 $ (dollars) par personne et par an, produirait 10 fois plus de profits pour la société (sources)

En améliorant la santé et le bien-être des femmes, les soins de santé sexuelle et reproductive profitent aux individus et aux familles, tout en contribuant au développement socioéconomique des pays. Cette approche permet aussi l’exercice des droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles.

De bonnes pratiques d’hygiène menstruelle limitent le développement d’infections de l’appareil urinaire ou reproducteur. Elles favorisent également le bien-être des filles en diminuant le stress, l’anxiété, la gêne et l’exclusion sociale ou l’isolement pendant les règles.

Je partage l’appel- #restonsreglos